11 septembre 2008

Habitat, familles, et vie sociale... petite histoire ! (2)

"Amazire" pour faire durer l'unité de la famille...

La réponse à la forte densité de population et la satisfaction des besoins de la famille se traduit par la construction d'extensions attenantes à tighremt pour préserver l'unité de la famille et s'assurer des espaces supplémentaires suffisants pour le bétail.

Ce nouvel ensemble est construit en pierre. Les toitures sont faites de bois, de terre, de poutres, de poutrelles de moindre qualité et de branches de palmiers nains. Ces nouvelles extensions sont souvent de simple rez-de-chaussée.

Le principe de construction d'amazire consiste en une simple délimitation d'un espace complémentaire à tighremt avec des préaux (
amalale). Un puits de lumière éclaire l'ensemble, vu la quasi inexistence de fenêtre donnant sur l'extérieur.

Amazire évolue aussi en fonction des besoins de la famille en chambres pour les nouveaux couples. Les chambres à l'étage d'
amazire voient leur apparition sous forme de salons de réception (tamesrite) et rarement sous forme de chambres pour les jeunes couples. Les familles évitent les constructions à l'étage pour limiter les tentatives d'escalade des murs par les pillards en période d'instabilité (sayba). C'est pourquoi la création des chambres dans cet espace privilégie la simple transformation des préaux en chambres.

L'autonomie des couples se manifeste par la séparation de la gestion des foyers. Chaque couple vie uniquement avec le mari, sa femme et leurs enfants. Cette autonomie se traduit : soit une simple délimitation des espaces occupés dans
tighremt et amazire ; soit par une séparation physique. Tighremt et amazire sont dans ce cas découpés, quitte à construire des murs séparateurs et à percer les murs pour créer des portes de sortie indépendantes.

C'est ce qui explique l'étalement de ces logements en pierre attenants les uns aux autres dans le prolongement de
tighremt et ses extensions initiales.

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